Street Art et Marketing: Hermès a tout compris

La petite bête qui monte qui monte… et qui n'a pas fini de faire parler d'elle… Mon petit doigt me dit qu'elle devrait même finir par faire exploser les charts du marché de l'art en 2012…

Le nouveau carré Hermès "Street Art"
Le nouveau carré Hermès "Street Art"

Petite chronique d'un raz-de-marée annoncé:

 

Les petits fleuves font les grandes rivières? Et bien le barrage ne devrait pas tarder à exploser maintenant. Retour sur les trois dernières années:

 

  • 14 Février 2008 : Keep it spotless, un pochoir sur toile de Banksy s'arrache à 1 230 000 €  à Londres (Plus d'infos)

 

Banksy - Keep it Spotless
Banksy - Keep it Spotless

 

  • 23 mai 2008 : Le Street Art entre au musée avec l'inauguration de l'exposition Street Art à la Tate Modern de Londres  (Plus d'infos)

 

  • 27 mars 2009 : C'est au tour du Grand Palais à Paris d'inaugurer son exposition Tag consacrée elle aussi à l'art de rue (Plus d'infos)

 

  • 7 Juillet 2009 - 10 Janvier 2010 : Encore une exposition dédiée à cet art à la Fondation Cartier cette fois: Né dans la rue – Graffiti  (Plus d'infos)

 

  • 2010 : Le web s'en mêle. Les tweets se font de plus en plus nombreux   (voir #Streetart sur Twitter), les groupes Facebook fusent de tous les côtés (voir mon post du 22 Juin), des "festivals d'art urbain" voient le jour à l'image du Walk & Talk des Açores, des applications iPhone sont lancées, des objets déco inspirés du Street Art sont dessinés par les plus grands designers...Bref: vous n'y échapperez pas non plus!

 

Les nouveaux carrés "Street Art" d'Hermès sont donc bien "en vogue"

Aujourd'hui Hermès dévoile les foulards "Street Art" de sa nouvelle collection automne-hiver 2011-2012, réalisés par l'artiste Kongo. Or même si les réalisations de l'artiste sont à mon goût très éloignées de certaines merveilles que l'on voit apparaître aujourd'hui sur les murs des capitales européennes (Monsieur le Directeur artistique d'Hermès: qu'est-ce qui vous a pris, là?), on ne peut que souligner le prestige d'un tel honneur pour l'artiste. 

 

Wallwork - Kongo
Wallwork - Kongo

Petit rappel non-inutile toutefois: Le Street Art n'est pas à vendre !

Si la notoriété et l'honneur accordés aux artistes de rue est une belle, très belle victoire pour eux, et qui devrait pour beaucoup les aider à percer dans le milieu du graphisme (dont ils sont issus pour la plupart) et à s'assurer ainsi une bonne clientèle pour l'avenir, leurs oeuvres sont maintenant en danger. Car si le Street Art a désormais un prix, n'oublions pas que l'art de rue est et doit rester un art accessible à tous et qui puise son essence et sa raison d'être dans la gratuité et l'éphémère….Or qui dit valeur marchande dit trop souvent vol et saccage (humains nous sommes, humains nous resterons…tristement) .

 

 

D'où ma prière: s'il vous plaît, ne touchez pas au Street Art ! Munissez-vous d'un appareil photo et d'un cerveau éventuellement pour prendre du plaisir à l'analyse, mais ne volez pas les oeuvres d'art qui jalonnent et égayent votre parcours dans la ville. Toute la communauté des artistes et des passants vous en remerciera.

 

 

Keep it spotless ...

C'est raté très cher.

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Commentaires : 1
  • #1

    urbanhearts (dimanche, 16 octobre 2011 19:03)

    our avoir collé quelques centaines d'oeuvres de street artistes du monde entier dans les rues de Paris, je ne peux qu'abonder dans votre sens et apprécier votre conclusion : malheureusement près d'une fois sur deux les oeuvres que je colle sont volées ! ce vol est un crime contre l'intelligence, la générosité, le talent et la poètique urbaine dont nous gratifient les artistes de rue. Je ne sais plus que faire pour protéger les oeuvres que je colle contre ces rats des villes que sont les voleurs d'âmes, ces spéculateurs ou égoïstes, bref ces crétins qui enlèvent une part de rêve aux passants.